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Des regards sur le processus


Le regard de Monique Coppé, directrice de l'Ecole Normale de Louvain-la-Neuve

Le regard de Thierry Evrard, enseignant de l'Ecole Normale de Nivelles

 

Interview de Monique Coppé

Directrice de l’Ecole Normale catholique du Brabant Wallon à Louvain-la-Neuve

Est-ce important d’ implanter la promotion de la santé dans les écoles supérieures ?

La problématique de santé concerne toutes les phases de la vie, de la naissance à la mort. Les jeunes qui entament l’école supérieure sont à une étape de leur vie. Ils deviennent adultes, plus autonomes, plus responsables. A cette étape correspondent des questions et des besoins spécifiques. Il est important de faire un arrêt. Comme futurs enseignants, ils auront une tâche d’éducation et de formation dans le domaine de la santé. Ils seront renvoyés à leur vécu. S’ils n’ont pas eux-mêmes travaillé ces questions de santé, pour eux, ils seront en difficulté et risquent d’éluder ces questions.

Qui est concerné par le projet santé ?

Tous, les étudiants, les enseignants, le personnel administratif, technique. L’école est un lieu de formation et de travail, mais pas uniquement. Elle est un lieu de vie. Cela suppose un climat, des conditions matérielles, relationnelles. On se situe vraiment dans le champ de la recherche d’équilibre et de bien être de tous.

Dans les résistances au projet santé, les professeurs disaient : « c’est très bien de s’occuper des étudiants. Mais nous ? Nous avons nos difficultés, nos fatigues, notre stress ». Il y a en permanence des interactions entre étudiants et enseignants. Un enseignant trop fatigué ou stressé va influencer les conditions de travail des étudiants. Dès lors, je pense que si l’ensemble de ceux qui constituent ce milieu de vie peuvent s’engager dans le projet santé, nous sommes dans les conditions d’un projet plus favorable. Dans notre école, c’est au niveau du Comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT) que l’on va développer cette attention à ceux qui travaillent dans l’école. On va profiter du travail sur la santé en milieu étudiant pour l’étendre à tous les travailleurs. Il faut travailler de manière large pour que tous soient bénéficiaires du projet, d’une avancée, d’une réflexion et d’une action.

Quels sont les freins et les leviers relatifs à la négociation du projet santé dans l’école ?

La négociation du projet santé s’est bien déroulée dans la mesure où les étapes ont bien été marquées dans le temps. Le projet s’est élaboré dans une équipe santé. A chaque étape du projet, la communication est capitale. Le risque serait la fuite en avant d’une équipe qui serait isolée du reste de l’école. Autre point positif, le projet a été élaboré à partir des besoins et des demandes des étudiants avec des outils d’enquête rigoureux. Très vite aussi, on a valorisé le « déjà  là », tout ce qui est déjà fait pour améliorer les conditions de vie et de santé. Il y a un intérêt à relier ce projet santé à d’autres aspects ou projets de l’école. Chez nous par exemple, le projet de développement durable et les projets de promotion du développement personnel. Il faut inscrire le projet santé dans un réseau de projets de l’école.

Comme dans tout projet, il y a des moments critiques ou tout risque de basculer. Et pourtant, il faut que le projet reste le projet du plus grand nombre. Nous avions décidé de soumettre le pré projet aux quatre Conseils de l’école. Les avis de ces Conseils ont donné au projet les différentes couleurs de l’école. Dans le projet, il faut à la fois des lignes de fonds et des projets concrets. Il faut aussi pouvoir identifier des partenaires, des ressources. Sans quoi les enseignants ont peur de se voir assigner encore un nouvelle mission. Nous avons besoin de partenaires et ressources extérieures pour que ce projet reste d’actualité dans l’école. Les équipes PSE auront-elles les moyens d’assurer cette mission ?

D’autres résistances proviennent du champ de la santé. Ne va-t-on pas prescrire des comportements ? N’est-on pas en train de s’immiscer dans la vie privée des étudiants ? A cela, il faut répondre en donnant le ton de la promotion de la santé. Il faut intentionnellement s’orienter vers la création de conditions physiques, psychiques et environnementales qui permettent à l’étudiant la gestion d’un équilibre.

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Interview de Thierry Evrard

Professeur à la Haute Ecole Léonard De Vinci - Ecole Normale Catholique du Brabant Wallon

Thierry Evrard est membre de l’équipe santé de Nivelles et a participé à l’ensemble du processus

A propos du processus :

Avant que le projet santé ne se développe, des initiatives des uns et des autres existaient déjà. Le fait de mettre en place une structure et d’organiser ce processus a permis de fédérer et de reconnaître des actions, de donner une nouvelle impulsion, de créer des prises de conscience. Bref, tout un cheminement a été réalisé. Le sujet a par exemple été amené en CPPT qui a décidé d’organiser une journée santé en novembre sur le thème « la santé des étudiants passe par la santé des professeurs ».

Je trouve donc le procédé très intéressant : mettre en place une Equipe santé, mener les deux enquêtes, consulter tout le monde. Mais je crains que le dépouillement soit trop lourd.

Je me suis demandé ce que cela allait impliquer comme charge de travail pour nous.

A propos de l’équipe santé :

On ne peut pas trop en demander à l’Equipe santé car les professeurs sont déjà très sollicités. Il est très important d’avoir un organisme extérieur qui donne des impulsions, qui dépouille les résultats, qui rédige ou aide à rédiger des documents d’information sur l’évolution du projet aux moments clés. Cet organisme peut être le PSE.

L’équipe santé a un rôle actif important. Afin de pouvoir bien répercuter le travail accompli auprès des collègues, ce serait intéressant d’y inclure un représentant des Conseils de concertation de chaque section. Ainsi qu’un représentant d’étudiant pour chaque année.

A propos du retour des résultats de l’enquête :

Chez nous, ce sont les délégués étudiants qui se sont chargés de communiquer les résultats. Même si les délégués ont mené cela avec sérieux, je pense que l’école devrait se charger de cette présentation pour donner plus de structure et de punch au développement du projet.

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